+30% d’audioprothésistes en 3 ans (et la fraude qui vient avec)

Le nouveau rapport « Charges et produits » de l’Assurance maladie corrèle la hausse des pratiques frauduleuses à l'accroissement du nombre de sociétés d’audioprothèses. Le Syndicat des audioprothésistes (SDA) y est allé de ses propositions afin d'inverser la tendance et de mieux réguler le secteur.

Lucien Brenet, publié le 20 juillet 2023

+30% d’audioprothésistes en 3 ans (et la fraude qui vient avec)

Publié le 6 juillet dernier, le Rapport Charges & Produits 2024 de l’Assurance Maladie a été présenté par sa directrice déléguée, Marguerite Cazeneuve, sur LinkedIn. Il en ressort que + 30% de sociétés d’audioprothèses ont été créées ces trois dernières années. « Un boum corrélé à l’augmentation de signalements de fraudes », fait toutefois remarquer la directrice déléguée. Exercice illégal de la profession, facturation de matériel différent de celui délivré, fausses ordonnances… les exemples ne manquent pas. Afin de lutter contre ce phénomène, l’Assurance Maladie suggère aux pouvoirs publics de « mettre en œuvre des actions de contrôle des prescriptions et des délivrances d’audioprothèses ».  

Créer un Ordre des audioprothésistes

De son côté, le Syndicat des audioprothésistes (SDA) renchérit et propose plusieurs solutions. C’est d’abord, « lier les remboursements de l’assurance maladie à l’audioprothésiste qui exécute l’appareillage et non à l’établissement qui l’emploie comme c’est le cas actuellement, tout en préservant l’indispensable indissociabilité entre le dispositif médical et les prestations d’appareillage et de suivi ». Le Syndicat espère que cela limite fortement le risque de fraudes et d’exercices illégaux de la profession.

La création d’un Ordre des audioprothésistes financé par la profession est aussi mis sur la table. Cette structure aurait pour mission d’assurer le suivi des audioprothésistes autorisés à exercer, garantir la diffusion, la promotion et le respect des règles déontologiques et sanctionner les mauvais élèves.

Interdire la publicité pour les aides auditives

Autre proposition : la mise en place « d’un décret de compétences qui définisse les actes réservés aux audioprothésistes, clarifierait aussi son rôle et celui de ses assistants dans l’accompagnement auprès des déficients de l’ouïe. », poursuit le SDA.

De manière à lutter contre « la marchandisation des soins auditifs » et « la financiarisation excessive de la profession » au détriment d’une pratique purement sanitaire, le SDA demande la suppression pure et simple de la dérogation à l’interdiction générale de publicité des dispositifs médicaux pour les aides auditives.

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