Accès direct aux soins : Le Monde publie une tribune co-signée par huit organisations de professionnels de santé

Le quotidien a publié dans son édition du 28 février 2023, une tribune co-signée par France Assos Santé ainsi que par les président(e)s d'organisations représentatives des professionnels de santé*, dont Luis Godinho (vice-président du SDA). Ils déplorent que la proposition de loi de Stéphanie Rist, destinée à développer l'accès direct à certains professionnels, comme les IPA, les masseurs-kinésithérapeutes et les orthophonistes, sans passer par un médecin, et à étendre les compétences de plusieurs professions paramédicales, ait été vidée de son contenu initial par le gouvernement et les parlementaires.

Par Lucile PERREAU, publié le 28 février 2023

Accès direct aux soins : Le Monde publie une tribune co-signée par huit organisations de professionnels de santé

Ils dénoncent « un coup d’épée dans l’eau », et précisent que « la restriction de l’accès direct aux seules structures d’exercice coordonné, peu nombreuses, n’aura aucun impact sur l’accès aux soins. Cela rendra les parcours de soins illisibles pour les patients et créera une rupture d’égalité pour les usagers. Les patients ne verront aucune amélioration ». Les huit syndicats estiment qu’il s’agit d’un véritable retour en arrière.

Au travers de cette tribune, ils souhaitent également interpeller le gouvernement, notamment en rappelant les projections de l’Institut national de la statistique et des études économiques : la France compte en 2023, 6,8 millions de personnes de plus de 75 ans, et avant la fin de la décennie actuelle un tiers de la population française sera âgée de plus de 60 ans. « Le tsunami sanitaire susceptible de submerger notre système de santé a commencé à déferler. Déjà, le vieillissement de la population et la transformation des besoins accentuent les difficultés d’accès aux soins liées à la crise des urgences hospitalières et aux déserts médicaux. Plus de six millions de patients n’ont pas accès à un médecin traitant, dont plus de 600 000 sont en affection longue durée. Faire face à cette situation représente un défi de taille et une urgence vitale pour notre pays. » Ils rappellent que les professionnels de santé paramédicaux se sont préparés à relever ce défi, et que pour ce faire, leur niveau de formation a été significativement augmenté.

« En quelques heures de débat parlementaire, la transformation urgente de l’organisation des soins a été renvoyée à plus tard. Une fois de plus. Une fois de trop. Prolonger le statu quo n’est plus une option face aux retards de soins, à l’encombrement des urgences et au détournement des patients vers les « médecines alternatives », ont-ils conclu.

*Les signataires sont :

  • Philippe Besset, président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France,
  • Francois Blanchecotte, président du syndicat des biologistes,
  • David Boudet, président de la Fédération nationale des podologues,
  • Sarah Degiovani, présidente de la Fédération nationale des orthophonistes,
  • Luis Godinho, vice-président du Syndicat des audioprothésistes,
  • Sébastien Guerard, président de la Fédération française des masseurs-kinésithérapeutes rééducateurs,
  • Daniel Guillerm, président de la Fédération nationale des infirmiers,
  • Mélanie Ordines, présidente du Syndicat national autonome des orthoptistes,
  • Gérard Raymond, président de France Assos Santé, l’union nationale des associations agréées d’usagers du système de santé.
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